Portraits des chercheurs PlaneTerr: Episode 2 avec Maria Berchiche, doctorante Mines Paris PSL
Publié le 10/12/2025
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Maria Berchiche
La gestion du CO₂ est devenue un pilier de la transition énergétique, notamment pour décarboner les secteurs industriels difficiles à électrifier. Intégrer captage, transport, stockage et valorisation du carbone dans la planification territoriale reste un défi, en raison de la diversité des sources d’émissions, de leurs interactions avec d’autres vecteurs énergétiques et de la variabilité spatiale et temporelle des flux.
Nous avons rencontré Maria Berchiche, doctorante à MINES Paris PSL au centre PERSEE de Sophia Antipolis et membre du projet PlaneTerr. Son travail, au cœur de la planification énergétique territoriale, vise à soutenir la décarbonation de l’industrie européenne. Pour mieux comprendre son sujet de recherche, nous lui avons posé quelques questions.
Un parcours universitaire orienté vers l’analyse économique de l’énergie
Après une double licence en mathématiques et économie, Maria rejoint l’Université Paris Dauphine PSL pour un master en économie et finance spécialisé énergie. Cette formation lui apporte, selon ses mots, « la capacité de relier les enjeux techniques et économiques de la transition énergétique ». Elle intègre ensuite le projet PlaneTerr pour débuter une thèse au centre PERSEE, tout en s’impliquant dans des actions de médiation scientifique, comme l’atelier Décarbonation & Data science qu’elle anime lors du Summer Camp scientifique à Sophia Antipolis.
L’atelier Décarbonation & Data science animé par Maria Berchiche lors du Summer Camp scientifique sur le campus Pierre Laffitte de Sophia Antipolis.
Intégrer le CO₂ dans la planification énergétique des territoires
Sa thèse explore les liens entre prospective énergétique, organisation des territoires et modélisation multi-énergies. Elle vise à déterminer les infrastructures nécessaires à la gestion du CO₂ depuis les zones industrielles locales jusqu’à l’échelle européenne.
« Mon objectif est d’identifier les trajectoires d’investissement les plus pertinentes pour atteindre les ambitions climatiques européennes à l’horizon 2050 »

Modèle d’optimisation des investissements et des opérations multi-énergies proposé par Maria
Un enjeu scientifique : dépasser les limites actuelles de la modélisation du CO₂
Face à des modèles soit très détaillés mais isolés du reste du système énergétique, soit globaux mais trop simplifiés, Maria développe une approche intermédiaire : une modélisation spatialisée fine qui concilie précision technique et vision systémique.
« Je combine les forces des deux approches pour obtenir une représentation réaliste et utile de la chaîne CO₂ »
Une méthodologie fondée sur l’optimisation multi-énergies
Elle s’appuie pour cela sur un modèle d’optimisation intégrant l’ensemble des infrastructures CO₂ et leurs interactions avec l’électricité ou l’hydrogène. Sa démarche comprend une comptabilité carbone précise distinguant flux fossiles et biogéniques, ainsi que l’étude des arbitrages entre CCUS et autres stratégies de décarbonation. « Comprendre ces arbitrages est essentiel pour orienter les investissements futurs », souligne-t-elle.
Un travail destiné à guider les politiques et les investissements
Pour Maria, la recherche ne se limite pas à la théorie : elle doit avoir un impact concret sur la transition énergétique. « Je serais heureuse si je parviens à développer un cadre de modélisation à la fois robuste et opérationnel, capable d’éclairer les décisions d’investissement dans les infrastructures de gestion du CO₂ », confie-t-elle.
Son ambition est de fournir aux décideurs publics et privés un outil permettant de planifier des infrastructures qui soient à la fois compatibles avec les objectifs climatiques, techniquement réalistes, économiquement soutenables et adaptées aux spécificités territoriales. En alliant rigueur scientifique et vision pragmatique, Maria cherche ainsi à transformer la modélisation en un véritable guide pour l’action.
Une aventure scientifique et collective au sein du projet PlaneTerr
Comme de nombreux doctorants impliqués dans PlaneTerr, Maria souligne l’importance de la dimension collaborative du projet.
« Je me sens très bien dans le projet. C’est un atout considérable d’être à l’interface entre la recherche et l’industrie, et de pouvoir échanger avec des experts de différents secteurs que le projet PlaneTerr rassemble. »
À travers le parcours de Maria, nous découvrons une recherche ambitieuse et profondément engagée, portée par la conviction que la transition énergétique se construit grâce à des outils solides, une vision claire et une collaboration attentive entre disciplines et acteurs.



