Portraits des experts PlaneTerr: Nikos Politidis
Publié le 28/07/2026

Nikos Politidis
Dans le monde complexe de la transition énergétique, les chercheurs et ingénieurs jouent un rôle clé pour anticiper les évolutions et concevoir les futurs outils. Contributeur au projet PlaneTerr, Nikos Politidis est ingénieur de recherche en Prospective chez NaTran. Son parcours international, entre chimie et systèmes énergétiques, l’a mené des laboratoires de recherche aux infrastructures gazières. Aujourd’hui, il travaille sur les systèmes énergétiques de demain, au sein d’une entreprise qui se prépare à transporter hydrogène et CO₂.
Nikos Politidis occupe le poste d’ingénieur de recherche en Prospective chez NaTran depuis fin 2024. NaTran est le plus grand gestionnaire du réseau de transport de gaz en France, et se positionne comme un futur transporteur d’H₂ et de CO₂.
Un parcours d’ingénieur tourné vers l’énergie
Avant de rejoindre NaTran, Nikos a suivi un parcours international et pluridisciplinaire. Diplômé d’abord en génie chimique à l’Université Technique d’Athènes, il a ensuite effectué un double master en énergies renouvelables à KTH (Suède) et à l’École Polytechnique. Ce double diplôme incluait, durant la première année, un parcours dédié à l’innovation et l’entrepreneuriat (équivalent à une mineure en commerce), durant lequel il a effectué une formation intensive à l’Esade Business School (Espagne). Il a d’ailleurs remporté 10 000 € pour un projet dans ce cadre. Ses travaux sur les stations de recharge d’hydrogène pour poids lourds, menés lors d’un stage au Lab Crigen durant son année à Polytechnique, ont contribué à une publication dans l’International Journal of Hydrogen Energy. ».
Cette double casquette chimie et systèmes énergétiques est ici mise à profit sur un objet concret : le stock de gaz dans les canalisations.
La flexibilité cachée dans les tuyaux
Une canalisation de gaz ne sert pas qu’à transporter. Elle contient en permanence du gaz sous pression, et plus la pression est élevée, plus elle peut en accueillir. C’est ce qu’on appelle le « stock en conduite« : une réserve invisible qui varie au fil des saisons et des besoins.
« J’étudie la flexibilité apportée par le stock en conduite aux systèmes énergétiques interconnectés (par exemple un système hydrogène – électricité). »
Bien intégrer ce levier permet de conduire des études plus réalistes, et donc de mieux estimer les besoins en infrastructures gazières par la suite.

Crédit photo: NaTran
Pour étudier cette flexibilité, encore faut-il que les simulateurs soient capables de la représenter.
« Les simulateurs multi-énergies sont souvent optimisés pour les systèmes électriques. Par exemple, le logiciel que l’on utilise, Antares, est développé par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France, RTE [membre du projet PlaneTerr]. Je participe à l’intégration des spécificités gazières, afin de rendre ces simulations plus complètes.«
Une mission d’interface avec le consortium
Au-delà de son travail technique, Nikos joue aussi un rôle de passerelle entre NaTran et les autres partenaires du projet. Aux côtés de son collègue Christophe Olry, il assure l’interface avec le consortium PlaneTerr, où se croisent des expertises variées : à la fois académiques, industrielles et institutionnelles. Concrètement, il fait le lien entre la recherche et les réalités opérationnelles de NaTran.
À quoi serviront ces recherches ?
À moyen terme, l’équipe testera ses modèles sur des cas d’étude régionaux. À plus long terme, cette modélisation pourrait être simplifiée pour être intégrée dans des études à l’échelle française ou européenne.
« Les résultats pourraient nous donner une première indication de la taille des canalisations souhaitée pour un niveau de flexibilité donné, mais pour aller plus loin, les modèles physiques seront évidemment nécessaires.«
Le chercheur solitaire ? Une idée reçue
On imagine souvent les ingénieurs et les chercheurs travaillant seuls derrière leur écran. Nikos témoigne d’une autre réalité.
« Il n’est pas rare d’échanger et de travailler avec d’autres directions de l’entreprise. Dans mon cas, il s’agit des directions de la Stratégie et de ‘Clients et Optimisation du réseau’. Je travaille beaucoup avec eux sur les études prospectives, ce qui m’aide à mieux comprendre le contexte de mes travaux de recherche !«
Ces échanges lui permettent ainsi d’ancrer son travail dans le concret.

Crédit photo: NaTran
Son conseil pour les jeunes ingénieurs
« Ne pas hésiter à échanger avec d’autres personnes de son entreprise. Il arrive souvent qu’ils aient des conseils intéressants à partager. »



